400.000/an recrutements abandonnés, faute de candidats

Le Conseil d’orientation pour l’emploi a fait la lumière sur la difficile estimation des offres d’emploi non pourvues.

Régulièrement les hommes politiques dénoncent l’anomalie que constituent les emplois vacants dans un pays comme la France miné par un chômage élevé. Mais avec à chaque fois des chiffrages différents! Nicolas Sarkozy parlait ainsi de 500.000 offres d’emplois non satisfaites, soit le double (à un jour près) de son ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui les estimait, lui, à 250.000. «Il y a 200.000 à 300.000 recrutements entamés, puis abandonnés», a pour sa part dénoncé François Hollande en juin, à l’ouverture de la conférence sociale. Une défaillance qui a conduit le gouvernement à lancer un plan de formation de 30.000 chômeurs en vue de pourvoir des postes laissés vides.
Le rapport du Conseil d’Orientation de l’Emploi (COE) sur les emplois durablement vacants, publié ce mardi, est utile pour clarifier le débat. Premier constat du COE: le nombre d’emplois à pourvoir chaque fin de mois est estimé… à 820.000 par l’organisme. Un chiffre toutefois non pertinent car il ne permet pas de distinguer entre ce qui est normal – toutes les offres ne peuvent pas être pourvues immédiatement – et ce qui est dû à une mauvaise adéquation entre l’offre et la demande de travail.
Du coup, le COE a élaboré deux autres indicateurs en extrapolant les données de Pole Emploi (l’opérateur public ne captant que 37,5% des recrutements). Le premier indique que 570.000 offres d’emplois sont satisfaites après un délai de trois mois, le second que 400.000 tentatives de recrutement sont abandonnées chaque année faute de candidats. Des chiffres élevés qui prouvent le gâchis terrible d’emplois et de compétences en France. Et qui sont cohérents avec l’enquête publiée le 25 septembre par l’Observatoire Tendances Emploi Compétences (TEC) du Medef, qui montrait que 104.000 recrutements avaient été abandonnés au deuxième trimestre.

Pas d’ouvriers qualifiés

Ces indicateurs confortent aussi les déclarations des chefs d’entreprises qui, dans toutes les enquêtes, jugent qu’un quart à un tiers de leurs recrutement sont difficiles. Ainsi, selon l’enquête de l’AGEFOS PME publié ce mardi, 25% des patrons de petites et moyennes entreprises disent avoir peiné à recruter lors des 12 derniers mois.
«Les difficultés de recrutement concernent des métiers très différents, allant des ouvriers qualifiés dans l’industrie à l’ingénieur en informatique. Et les situations peuvent varier selon les régions ou même les bassins d’emploi», précise Hugues de Balathier, secrétaire général du COE. Selon l’aréopage – qui regroupe hauts fonctionnaires, syndicalistes et représentants patronaux -, les plus grandes difficultés se ne rencontrent plus dans l’hôtellerie-restauration, les métiers de bouche, les aides à domicile ou les postes de conducteurs – même si ces secteurs restent en tension. Mais chez les ouvriers qualifiés des industries mécaniques, métallurgiques, graphiques, chez les techniciens de la maintenance, chez les commerciaux ou encore dans la santé et l’informatique.
Cette liste montre à quel point la situation est absurde. Des secteurs comme l’industrie sont en crise mais peinent à recruter dans certains métiers. En cause: le manque de compétence des candidats, mais aussi d’attractivité des métiers, jugés pénibles, à tort ou à raison.
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